21 décembre 1944 : les Alliés contrôlent le Senio en Italie

Le 21 décembre 1944 sur le Front italien, la 5e division Kresowa du 2e corps polonais de la VIIIe armée termine la conquête de la rive orientale du Senio. Le 1er corps canadien rejoint le fleuve dans la zone de Cotignola-Alfonsine. La veille, la 56e divison du 5e corps a entrepris la conquête de la région qui est située entre le canal Naviglio et le Lamone, au nord de Faenza. Dans la nuit du 20 au 21, la 1re division d’infanterie et la 5e division blindée du 1er corps canadien ont repoussé les Allemands au-delà du Senio ce qui explique les bons résultats enregistrés par les Alliés.

21 décembre 1944 : Mountbatten marque des points en Birmanie

Sur l’île de Mindoro aux Philippines, les Japonais reçoivent par pont aérien des renforts de Luçon. Les appareils ennemis attaquent également le 21 décembre 1944 un convoi de ravitaillement américain et coulent deux navires de débarquement. D’autres bâtiments sont plus ou moins sérieusement endommagés. Un contre-torpilleur est encore coulé par un kamikaze.

Sur l’île de Leyte, la jonction s’opère entre les forces du 10e corps US qui viennent du nord et celles du 24e corps qui remontent d’Ormoc. Désormais, toute la vallée d’Ormoc est libérée mais plusieurs proches de résistance des Nippons doivent encore être réduites.

En Birmanie, l’avance des Britanniques dans l’Arakan est si rapide que l’amiral Mountbatten réunit d’urgence à Calcutta les commandants des grandes unités pour envisager avec eux le meilleur parit attiré de ce succès assez inattendu. A l’évidence, il faut tirer immédiatement avantage de l’affaissement ennemi.

21 décembre 1940 : le vrai visage de l’occupant sur la BBC

Parmi les messages qui sont encore lus pendant l’émission « Les Français parlent aux Français », on entend par éxemple :  » On nous écrit du Gard et de Lyon : « Les Boches s’emparent de tout : draps de lit, garnitures de feu en cuivre, linge, bicyclettes, rien ne leur échappe. Toute la France est au pillage ».

Un habitant du Nord confie :  » Ils ont pris le vicaire et le maire comme otages. Personne ne sait pourquoi. On ne les a pas revus depuis ».

Un Parisien explique :  » Nous sommes obsédés par le souvenir de la retraite. Ces pauvres réfugiés, tués et mitraillés sur les routes! Notre cousine a dû laisser son mari malade pour sauver ses sept enfants, dont le dernier a six mois. Elle ne sait pas ce qu’il est devenu. Quand elle a pu rentrer chez elle, les pillards étaient passés. Elle est, avec ses sept enfants, dans la misère la plus profonde. Des quantités sont dans le même cas. Tous les stocks d’alimentation partent pour l’Allemagne ».

Le speaker ajoute :  » Si vous espérez tant de nous, sachez que nous espérons tout de vous. Pour mieux vous le témoigner, pendant la période de Noël, le Noël de la France déchirée, beaucoup de nos soldats adresseront des messages à leurs familles ».

21 décembre 1940 : la croix de Lorraine contre la croix gammée

Lorsque les Français libres s’expriment sur la radio de Londres, ils ne manquent pas de citer les courriers d’auditeurs qui en disent long sur les conditions de vie en France occupée. Ainsi le 21 décembre 1940, l’un d’eux signale qu’il est désormais interdit sous peine de six mois à deux années d’emprisonnement de porter des emblèmes ou des insignes que les collaborateurs de l’ennemi n’ont pas approuvés ou dessinés eux-mêmes.

« Vous avez tout compris : il s’agit de faire la guerre à la croix de Lorraine pour faire plaisir à la croix gammée ».  Le même auditeur non sans ironie ajoute :  » Si c’est par ces procédés de basse police qu’on espère enrayer l’irrésistible ascension du mouvement de libération nationale, on se trompe lourdement à Vichy. Encore une bassesse inutile! Ni les géoles de l’ennemi, ni celles des complices de l’ennemi, ni les camps de torture de la gestapo, ni les prisons de Dakar n’étoufferont l’âme vivante et meurtrie de la France ».

21 décembre 1940 : les faiblesses de Pétain énumérées sur la BBC

Pour rendre le nazisme moins répugnant à la nation français, Hitler a voulu lui prouver une ascendance française observe François Quilici dans l’une de ses tribunes de l’émission « Les Français parlent aux Français  » sur la BBC. Et d’appuyer sa démonstration :  » C’est ainsi qu’il a décidé le transfert à Paris des cendres du duc de Reichstag. Abetz à cette cérémonie proclamait que l’empereur avait été le précurseur de la révolution actuelle. Et il dénonçait certaines tendances rétrogrades qui avaient cours en France. Après la campagne de M. Déat, l’attaque contre Vichy était nette. A la tradition monarchiste ouvertement prônée dans cette ville, il tentait d’opposer la tradition bonapartiste. Décidement les Allemands souillant tout ce qu’ils touchent, réconciieront avec la tradition de la France révolutionnaire, les derniers Français réfractaires à l’idéal démocratique ». 

François Quilici observe aussi : « Le peuple de France assiste avec dégoût à cette bataille de chacals. Hitler ne voit pas où s’il le voit, il tente d’en détourner le cours que la France enveloppe dans une même haine le Reich et les hommes de Vichy. Ses efforts sont inutiles. Au contraire, cette crise politique vient de porter un coup irréparable à l’édifice de trahison qui tout entier avait été construit autour de la vénération due à un grand vieillard. Les dogmes du nouvel Etat français se sont écroulés. Le Maréchal n’est pas infaillible puisqu’il s’est trompé sur le compte de Laval dont il avait fait son dauphin. Le Maréchal lui-même ne peut pas résister à l’Allemagne puisqu’il a dû libérer le traître. Les Français, tous les Français, ont compris aujourd’hui ».

21 décembre 1914 : sérieux accrochages près de Souain ( Marne)

En Champagne sur le front de la Marne dans le secteur de Suippes, de légers progrès sont enregistrés par les troupes qui sont allées au contact de l’ennemi. A Souain où de violents accrochages se sont produits, des combats au corps à corps ont été signalés mais la situation est très différente dans l’Aisne près de Soissons. Le lieutenant de Gaulle écrit pour sa part :  » On entend le canon sans interruption dans la direction de Souain. Il paraît que le 12e corps attaque avec le général Roques et aussi le 17e corps vers Perthes. Multiples aviateurs. Ils nous survolent surtout la nuit ».

La reprise de l’offensive française ne donne aucun résultat. Le Grand quartier général de Joffre fait cette déclaration :  » Une attaque ennemie sur Mametz n’a pas permis à nos troupes de progresser sensiblement de ce côté ». Sur la rive droite de la Meuse, une portion du bois de Consenvoye est conquise puis perdue à deux reprises. Dans le sud-est de l’Angleterre, les Allemands commettent leur premier raid aérien. Le gouvernement britannique confirme  Sir Francis Bertie comme ambassadeur de Grande-Bretagne en France.

Il y a cinquante ans, Jean Moulin entrait au Panthéon de la République

L’événement est passé inaperçu dans ce cortège d’anniversaires et de commémorations légitimes qui marquent l’histoire de la Première Guerre mondiale comme celle de la Seconde. Mais, le 19 décembre 1964, en présence du général de Gaulle, président de la République, de Georges Pompidou, Premier ministre, du gouvernement, de nombre de combattants de la France libre, de Résistants et de Déportés, de Français anonymes, le préfet Jean Moulin, compagnon de la Libération  figure de la Résistance, premier président du Conseil national de la Résistance, supplicié par les nazis faisait son entrée au Panthéon de la République.  Moment d’intense émotion, temps encore plus prenant quand André Malraux, ministre de la Culture, a prononcé  un discours solennel  et prodigieux pour accueillir ce grands fils de France. Souvenons-nous de quelques extraits de ce propos d’écrivain et de patriote.

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l’ombre et disparu avec elle — nos frères dans l’ordre de la Nuit ». Et le ministre lui-même compagnon de la Libération d’ajouter : « C’est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l’an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu’elles reposent avec leur long cortège d’ombres défigurées. Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France ».

20 décembre 1944 : nouveaux massacres de civils en Belgique

Pour se venger d’actes de résistance contre leurs troupes en repli au mois de septembre 1944, les troupes allemandes qui progressent à nouveau en Belgique après le succès de leur contre-offensive et en attendant que les Alliés trouvent la parade pour les stopper et les renvoyer derrière leurs lignes de départ, des groupes SS s’en prennent aux civils et commettent des assassinats.  Déjà le 18 décembre à Wanne, cinq civils sont tués près de l’église. le lendemain un agriculteur est abattu dans un champ sans aucune raison. A Aisemont une jeune fille est prise pour cible par jeu par les SS.  Le 20 décembre 1944 à Bourcelot, quatre habitants sont exécutés par des Français portant l’uniforme de la SS.

A Stavelot, les 19 et 20 décembre, 161 civils sont assassinés à leur tour par les troupes SS en représailles du matraque de l’artillerie US qu’ils commencent à encaisser. Les habitants des petits villages de Ster, Renardmont, Parfondry sont pourchassés et certains abattus comme des chiens. C’est la guerre de la terreur qui se développe et les Américains sont prêts à faire des exemples chez les prisonniers allemands d’autant que les bilans des exécutions de prisonniers US comme les 86 du carrefour de Baugnez le 17 décembre 1944 spnt désormais connus dans les régiments. Pour beaucoup, Noël s’annonce comme un enfer.

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